Shibuya, c’est le paradis du geek qui sommeille en chacun de nous (ou en tout cas en chacun de ceux qui se décident à partir au Japon) – un quartier high-tech où les dernières technologies et les salles de jeux vidéo règnent en maître.

Chez nous, on n’arrive pas toujours à comprendre comment il est possible de vivre devant un écran, comme certains otakus le font ici. Plusieurs hypothèses sont avancées: pressions sociales qui poussent vers l’escapisme, conflit des générations, aspect culturel… J’en ai une autre, moi: en Occident, nous n’avons pas le dixième de l’industrie vidéoludique qui existe au Japon. Si demain Shibuya se retrouvait téléporté à Appenzell, le phénomène de ötäkutzli s’y répandrait tout aussi rapidement.
De fait, les Japonais n’ont pas du tout le monopole de l’addiction aux jeux vidéo. World of Warcraft n’a pas été développé à Kyoto… Simplement, chez nous, le jeu vidéo reste un loisir sinon solitaire, du moins réservé à une poignée d’initiés, alors qu’au Japon il est bien plus intégré à la société – les femmes au foyer constituent le plus gros segment de la clientèle de la Nintendo DS. Le temps qui passe joue aussi en ce sens; aujourd’hui déjà, il existe des hommes de 40 ans dont toute l’enfance a été bercée par les jeux vidéo et qui continuent à s’y intéresser; cela veut dire que dans 25 ans, des grands-pères ayant joué durant toute leure vie fréquenteront des salles d’arcade à leur retraite… C’est vertigineux, quand on y pense.
Visite guidée dans une salle de jeux, où on retrouve immédiatement de vieilles connaissances:

Les Japonais ont des simulateurs pour absolument tout:

Vraiment tout. Je n’arrive même pas à imaginer comment on peut jouer à deux à un simulateur de DJ, et pourtant.

Alors que dans une salle de jeux en Suisse, le visiteur trouvera tout au plus un ou deux jeux de combat et quelques jeux de tir, les machines japonaises proposent des expériences de jeu entièrement différentes grâce à des technologies comme la reconnaissance optique. Ci-dessous, le gamer joue à un jeu de stratégie en dirigeant son armée sur l’écran grâce à des cartes (tout à fait palpables, du style Magic: the Gathering) qu’il pose sur la tablette devant lui. La transition entre réel et virtuel est imperceptible et saisissante.

Les créateurs de jeux imaginent aussi des concepts collaboratifs: chacune de ces capsules est pourvue d’un écran à 180° qui imite le cockpit d’un mecha de combat, et une partie multijoueur permanente se déroule entre eux. Ici, ils s’affrontent dans une ville…

Et des spectateurs peuvent suivre le panorama du combat en cours sur des écrans installés à l’extérieur. Vous voyez le robot engagé dans une fusillade à droite de l’écran?

Le même concept (plusieurs joueurs s’affrontant devant leur écran + un grand écran pour les spectateurs qui résume la partie) se retrouve pour d’autres styles de jeux, comme le football ou… le PMU. Celui-ci est joué avec de petits cheveaux en plastique qui se déplacent grâce à des aimants fixés sous la table…

…et celui-ci est 100% virtuel. Quel intérêt de parier sur ce qui est essentiellement un générateur de nombres aléatoires avec de jolis graphismes? La question reste ouverte, mais ces jeux font un tabac. Notez le joueur épuisé qui dort dans son siège, au premier plan.

Enfin, certains jeux sont si étranges et compliqués que je n’ai pas compris comment ils marchaient même après avoir regardé pendant 10 minutes.

Ce dimanche: Tokyo Game Show 2009, la plus grande exposition vidéoludique du pays (et donc l’une des plus grandes du monde). Bande-annonce:
26/09/2009 à 10:02 |
Le TGS est ouvert au public ?
Si tu as l’occasion, montre leurs ce que font les européens et américains comme jeux vidéo, il redécouvriront peut être le plaisir de jouer à de bons jeux…
Ah… Il est loin le temps où les succès du marché japonais était des killers apps. Plus de Megaman ou de Zelda, place à wii sport, aux entrainements cérébraux du Dr Kawashima et à Monster Hunter.
Sinon, tu sais qu’il y a un autre antonaujapon, .blogspot.com celui-là ?
26/09/2009 à 19:36 |
Ouais, on a même échangé des mails
Il faut croire qu’il y a des rimes faciles…
Pour le TGS j’y vais surtout pour Assassin’s Creed 2 (qui n’est même pas japonais) et FFXIII, qui ne révolutionnera probablement pas le genre mais qui semble extrêmement solide du côté du level, character et gameplay design. C’est vrai qu’à part ça, il n’y aura rien de vraiment renversant à ce salon à priori…
10/01/2010 à 07:54 |
J’adore Shibuya, ça me manque un peu dans ma campagne à Tottori !!! Mais toi qui vit à Tokyo t’en fais pas une overdose au bout d’un moment?
11/01/2010 à 02:40 |
Je ne le vois si souvent que ça
Là où j’habite, on se croirait parfois dans un village, et pourtant je ne suis qu’à quelques arrêts de Shibuya et de Shinjuku. C’est aussi ça diversité qui rend Tokyo si attrayante.
28/07/2010 à 10:43 |
[...] impérial – Parc Hibiya – Roppongi Hills – Ryogoku – Sea Life – Shibuya – Shinjuku – Shinjuku Gyoen – Shiodome – Tokyo Midtown – Tokyo Tower [...]