Sumo

Avoir des connaissances japonaises (merci une deuxième fois, Luisa!) est décidément bien pratique puisque, grâce à eux, nous avons réussi à assister à une véritable compétition de sumo! En effet, six tournois se tiennent par an au Japon, dont trois à Tokyo, et nous sommes justement arrivés au milieu de l’un d’entre eux. Chaque tournoi dure 15 jours, durant lesquels chaque sumotori (à noter qu’au Japon ils ne sont pas appelés sumotori mais rikishi, allez savoir pourquoi) aura à affronter 15 adversaires. S’il remporte une majorité de victoires, il pourra progresser dans le classement; s’il perd plus de 7 combats, il pourra être déclassé. La 8ème victoire – ou défaite – a donc une importance capitale (ceux d’entre vous qui ont lu l’excellent Freakonomics de Levitt et Dubner en savent quelque chose) et nous sommes allés voir le 11ème jour de la compétition, où la partie était déjà jouée pour certains lutteurs… mais pas pour d’autres.

L’arène, au loin:

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Durant la journée, plus de 30 combats ont lieu; le public peut aller et venir librement quand il le souhaite. De fait, nous ne sommes arrivés qu’après la 10ème rencontre. Au passage, on peut déjà croiser quelques combattants rentrant se préparer pour la journée suivante…

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…en signant des autographes au passage…

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…et n’oubliant pas les mesures de précaution. Les sumotori ont beau être énormes, un minuscule virus peut les terrasser aussi bien qu’un autre.

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L’arène est pleine à craquer, surtout les premières loges. On prend toute la mesure de l’importance du sumo pour les Japonais quand on sait que le prix d’une place peut atteindre 450 francs. Pour cette somme, vous aurez droit à un tatami (et non à une chaise) et à la possibilité qu’un sumotori de 200 kg vous tombe dessus après une projection particulièrement réussie (c’est arrivé plusieurs fois durant le temps que nous avons passé dans l’arène, sans conséquences graves toutefois).

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Un combat de sumo ne dure que quelques dizaines de secondes, mais la préparation qui le précède peut prendre jusqu’à cinq minutes, et c’est aussi ça qui fait le charme de cet art martial (sans les séquences de préparation, on pourrait probablement faire tenir l’ensemble du championnat en une petite heure). D’abord, un annonceur spécial appelle, d’une voix longue et plaintive, les combattants sur le dohyo (la zone de combat).

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Les deux combattants se saluent…

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…et saluent le public en faisant le fameux mouvement avec leurs pieds. Le choc produit est censé éloigner les mauvais esprits. Certains se frappent aussi les cuisses et le ventre avec les mains – on entend très bien les claquements même à 75 mètres de distance.

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Du sel est jeté sur le dohyo pour le purifier avant le combat…

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…les deux combattants se font face…

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…et retournent chacun dans leur coin. Puis la cérémonie recommence, 3, 4 ou plus de fois jusqu’à ce que les deux combattants soient mentalement prêts. Pendant ce temps, on fait un peu de publicité – les combattants particulièrement valeureux ou charismatiques sont sponsorisés par des entreprises (comme McDonalds – les Japonais n’y voient pas d’ironie). Finalement, lorsque les deux adversaires sont prêts, le combat commence.

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Que dire? Le sumo est un spectacle absolument fascinant, beau, riche et complexe; les sourires qu’on pourrait avoir en voyant ces lutteurs ressemblant à des gros bébés s’effacent dès qu’on constate la grâce de leurs déplacements et la précision de leurs techniques.

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Comme j’ai dit, un combat ne dure que quelques secondes – le premier à tomber ou à sortir du cercle perd et il n’y a pas de victoire aux points, pas de rematch et pas d’appel possible. Mais durant ces quelques secondes, il peut arriver autant de rebondissements que lors d’une finale de Coupe du Monde de 90 minutes. En effet, le bord du cercle dans lequel se déroule l’affrontement est un peu surélevé, ce qui permet à certains combattants, pratiquement éjectés du dohyo, d’utiliser cet appui bienvenu pour faire – littéralement – basculer la situation en leur faveur. On ne peut pas dire qui gagnera un combat un quart de seconde avant qu’il ne soit terminé car tout peut changer en un clin d’oeil. Loin de la seule force brute, le sumo autorise toutes les feintes et les subtilités; l’un des matchs a été gagné par le combattant qui a simplement fait un pas de côté lorsque son adversaire s’est élancé vers lui. Il a ensuite suffi d’une pichenette pour que ce sumotori trop fougueux s’étale par terre. Certaines des techniques utilisées font penser à de la lutte et d’autres à l’aïkido.

Bref, on ne regrette qu’une seule chose en voyant en compétition de sumo – ne pas avoir de bouton “ralenti”. Pourquoi, à la TSR, ils ne passent jamais du sumo mais beaucoup de curling?

3 réponses à “Sumo”

  1. 100 « Anton au Japon dit :

    [...] pas passer à côté des incontournables: les temples, les parcs, les plats traditionnels, le sumo, le kabuki, la tour de Tokyo et le palais impérial. De plus, vous avez aussi eu droit à des [...]

  2. Se souvenir… des voyages « Anton au Japon dit :

    [...] de Tokyo – Odaiba – Palais impérial – Parc Hibiya – Roppongi Hills – Ryogoku – Sea Life – Shibuya – Shinjuku – Shinjuku Gyoen – Shiodome – [...]

  3. Se souvenir… des objets « Anton au Japon dit :

    [...] 4. Un éventail offert avec le ticket de sumo. [...]

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