Ca partait pourtant d’une bonne intention; le 10 octobre de chaque année, le Sea Life Tokyo (un zoo aquatique) fête son anniversaire et laisse les visiteurs entrer gratuitement.
Sur Internet, le guide indiquait de descendre à l’arrêt Kasai, situé sur la ligne Tozai. Bonne nouvelle, la ligne Tozai passe par la station Waseda et ça ne coûte donc que 230 yens d’arriver à destination.
Première mauvaise décision: prendre le premier métro venu sans regarder si c’est un train local ou un express. A l’intérieur de la ville, cela n’a pas d’importance car tous les trains s’arrêtent partout; en banlieue – et c’est là que se situe le Sea Life – ce n’est plus le cas. Ce n’est qu’au terminus que nous nous sommes rendus compte de l’erreur… pas grave, on traverse le quai et on prend un train local dans le sens inverse.
Arrivée à l’arrêt Kasai. Euh, on voit pas vraiment la mer d’ici. Eh oui, deuxième mauvaise décision: ne pas avoir regardé la carte avant, puisque l’arrêt de métro est à 2500 mètres du parc où on veut aller. Et puis, il faut trouver la bonne direction. C’est là qu’intervient à la fois notre sens de l’orientation (“Il n’y a pas de gratte-ciel de ce côté-là, donc c’est forcément par ici!”) et nos connaissances de japonais (“Je suis sûr que ce kanji veut dire “mer” et celui-ci “parc”! Ou pas.”) ainsi que nos connaissances en urbanisme (“Si la voie de train passe par là et qu’elle est parallèle au front de mer que l’on a vu sur la carte de tout à l’heure, alors nous n’avons qu’à traverser ce tunnel pour piétons et…”).
Lentement, nous progressons. Après une heure de marche, le parc apparaît enfin et il est plutôt joli avec ses couples de retraités qui se promènent…

…ses lampes camouflées en troncs d’arbre…

…et surtout, ses fenêtres d’observation – car le parc dans lequel se situe le Sea Life est aussi une réserve naturelle pour oiseaux et des espaces clos leur sont réservés, uniquement visibles à travers ces ouvertures.

Du coup, la distance m’a empêché de prendre des clichés détaillés des oiseaux. Ce n’était toutefois pas le cas des nombreux photographes que nous avons croisés, dont certains portaient des objectifs presque aussi grands qu’eux-mêmes.

C’est par l’une de ces fenêtres que nous avons vu la coupole du Sea Life. Miracle! Après plus d’une heure de marche, nous sommes finalement parvenus à bon port! Et il nous restait encore plus d’une heure et demie avant la fermeture (à 17:00 – ben oui, les poissons veulent aussi passer plus de temps avec leurs familles, il ne faut pas rigoler avec la work-life balance).

C’est alors que nous avons pris la troisième mauvaise décision de la journée en décidant de flâner un peu au bord de l’eau avant d’y aller. Il faut dire qu’il y avait des choses à voir, comme ce château merveilleux sur l’autre rive…

…qui, après réflexion, s’est révélé être le Disneyland Tokyo. C’est également sans se presser que nous avons repris notre marche vers le centre aquatique et la grande roue (assez monumentale) située à côté.

Malheureusement, le détour par la plage a fait que nous soyons arrivés juste à l’opposé de l’entrée et avons donc dû choisir de contourner le bâtiment par la droite ou par la gauche. Nous avons choisi la gauche et c’était, vous vous en doutez, la quatrième mauvaise décision car c’était le chemin long. Tout de même, nous sommes arrivés aux portes du Sea Life à 16:03, avec plus de 55 minutes d’exploration du monde subaquatique devant nous, et c’est avec joie que nous avons appris que la billeterie fermait à 16:00.
Nous nous sommes donc retournés et avons constaté qu’en fait il y avait une station de RER qui était juste devant le parc, et qu’arriver à cette station directement nous aurait épargné plus d’une heure de marche.
Il y avait tout de même une raison pour laquelle nous avons pris le métro; le ticket de RER, que nous avons payé pour le retour, était 50% plus cher que celui du métro. De plus, la station RER est plus éloignée de nos dortoirs que la station de métro.
Donc, lorsque nous sommes arrivés à une station à la fois RER et métro, 20 minutes plus tard, nous avons décidé de changer pour le métro de façon impromptue. Après tout, nous avons déjà beaucoup payé pour le ticket RER et au Japon, les systèmes sont sûrement compatibles.
Je vous laisse deviner quelle était notre cinquième mauvaise décision de la journée.
Bref, après avoir perdu environ 150 yens en ticket de RER non utilisé et avoir dû payer 160 yens de plus pour le métro, nous sommes finalement arrivés à destination. Bilan de la visite au Sea Life gratuit: 770 yens en frais de transport et le fait de devoir en payer presque autant (+ 700 yens de frais d’entrée) la fois où nous voudrions y aller pour de bon.
Enfin, heureusement que le soir, nous sommes allés au karaoké pour oublier tout ça. Juste un petit conseil: si, comme moi, vous chantez comme un accordéon troué, évitez de sélectionner Welcome to the Jungle.
28/07/2010 à 10:43 |
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