Hokkaido I: Impressions

On a un peu trop rapidement tendance à réduire le Japon à la bande de terre qui relie Tokyo à Kyoto. Gratte-ciels, pagodes et fleurs de cerisier – une image qui n’est pas totalement fausse, mais très incomplète. Car le Japon peut aussi être comme ceci:

Exit les rues bondées, les bâtiments à perte de vue et une température qui ne descend jamais en-dessous de zéro. A Hokkaido, la grande île du nord, la nature – et le froid – reprennent leurs droits.

Certains paysages sont apaisants…

…d’autres impressionnants.

J’ai visité l’île pendant une semaine au sein d’un voyage de groupe organisé par une association basée à Hokkaido mais qui a des liens avec de nombreuses universités du pays. But: échange culturel et découverte de la région. En risquant de briser un peu le suspense, je vous dis immédiatement que le voyage était génial.

Certaines personnes snobent par principe toute forme de tourisme organisé (à cause de l’aspect “troupeau de moutons dans un car”), insistant de tout réserver par eux-mêmes et de tracer leur propre route. L’intention est louable, mais le dogmatisme est dangereux. En effet, voyager en groupe chaperonné par des locaux permet d’avoir accès à certaines activités et lieux dont on n’aurait tout simplement pas connaissance seul. De plus, dans ce genre de voyages, une formidable dynamique de groupe se crée d’habitude très rapidement et perdure jusqu’à la fin du voyage, voire au-delà – comment pourrait-il être autrement lorsqu’on met ensemble un groupe de gens d’un même âge et avec des intérêts similaires, qui sont résolus à passer du bon temps? Je ne veux pas dire que les voyages “faits main” en petit groupe seront forcément inférieurs – ils ont aussi bien des qualités propres – mais le voyage en groupe reste un moyen extrêmement pratique de voir du pays, faire des choses et rencontrer du monde en un temps réduit et sans prise de tête. Surtout si ça se passe au Japon, où l’on reçoit, deux semaines avant le départ, un planning calibré à 15 minutes près, des descriptions détaillées des visites et une check-list préimprimée qui n’omet pas des choses comme “appareil photo” ou “cadeaux pour la famille d’accueil”. Oui, parce qu’il y a aussi une famille d’accueil – mais là je m’avance un peu trop…

Le voyage à Hokkaido va faire l’objet d’un certain nombre d’articles centrés sur des sujets bien précis mais pour débuter, je vous ai préparé un petit mix de morceaux piqués ici et là durant la semaine.

Le musée Aïnou (l’ethnie autochtone de l’île – les Aïnous font partie des peuples vivant près du ou au-delà du cercle arctique, comme les Esquimaux par exemple) est visible de loin grâce à l’énorme statue qui en garde l’entrée.

De l’extérieur, le musée ressemble à un village traditionnel, où chaque bâtiment abrite une partie de l’exposition. Dans l’un d’entre eux, on peut voir des danses traditionnelles et écouter de la musique Aïnou.

A l’extérieur, des poissons sèchent au froid, préparés et suspendus selon une technologie millénaire.

Certaines cages abritent de sympathiques animaux…

…d’autres, de moins sympathiques.

Les Japonais adorent les plats à préparer soi-même à table; ici, un mélange de salade, de champignons et de fruits de mer à griller sur une plaque spéciale.

Autre activité typique de Hokkaido, la pêche sur lac gelé, à travers un trou percé dans la glace.

Le maître pêcheur cultive amoureusement son look de maître pêcheur.

Et ça, se sont des apprentis pêcheurs, c’est-à-dire nous. Les poissons sortis de l’eau ne dépassent pas la dizaine de centimètres. Dans moins de 20 minutes ils seront frits dans de l’huile et servis dans des cornets en papier, à manger entiers comme des chips.

Prise!

Alex

Ces barques ne serviront qu’au printemps.

A Tokyo, l’hiver est sans neige. C’est à peine si on le remarque lorsqu’on saute d’une porte de bâtiment chauffé à l’autre. Mais ici, les étendues enneigées permettent de ressentir un sentiment que l’on a parfois un peu de peine à éprouver au milieu de la cohue du métro:

La sérénité.

3 réponses à “Hokkaido I: Impressions”

  1. Flo dit :

    Un peu bizarre ta définition des Ainus. Déjà, Hokkaido est loin du cercle polaire, ça me semble donc étrange de les mettre dans le même sac que les Esquimaux. Ensuite, ils étaient à l’origine sur toute l’île principale, Honshu. Si les Ainus, d’inoffensifs paysans, se retrouvent aujourd’hui sur Hokkaido c’est parce que les ancêtres des Japonais, des guerriers venant de Corée, les ont foutu dehors dans cette île gelée où rien ne pousse.

  2. 200 « Anton au Japon dit :

    [...] Mais j’ai aussi publié une série de billets concernant la grande île du nord du Japon, Hokkaido, ainsi que le petit archipel du Sud, Okinawa. Enfin, j’ai profité du fait d’être au [...]

  3. Se souvenir… des objets « Anton au Japon dit :

    [...] Quatre cahiers pour les quatre voyages organisés auxquels j’ai participé: Shirakawa, Hokkaido, Okinawa et Nagano. Très bien faits, ils contiennent non seulement le programme complet mais aussi [...]

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