Il y a tant de choses à aimer dans un voyage qu’en faire toute la liste est impossible. Pour certains, c’est poser la première fois pied sur un sol inconnu, regarder autour de soi et humer l’air nouveau et plein de promesses qui constitue le rush pour lequel ils voyagent. Pour d’autres, le plaisir se cache dans l’osmose qu’ils développent dans leur temporaire lieu de présence, autrement dit dans l’échange, qu’il passe par un mets, un son, ou une conversation. Et il ne faut pas oublier ceux – beaucoup – qui, en accord avec l’aphorisme d’Alphonse Karr, ne voyagent pas pour voyager mais pour avoir voyagé; pour ceux-là, la substantifique moelle du voyage ne se dévoile pas avant que les achats et les souvenirs ne soient déballés et les photos ne soient développées – et prêtes à s’abattre sur les têtes de leurs amis innocents.
Bien sûr, comme nous tous, je peux me reconnaître – du moins en partie – dans chacun de ses portraits. Il y a, pourtant, un autre instant du voyage qui me tient particulièrement à coeur; c’est celui-là que j’ai tenté de capturer sur le cliché ci-dessous.
C’est le moment lorsque les sacs sont prêts et les amis se tiennent à vos côtés; le court, presque imperceptible, instant de repos avant que le premier pas ne soit fait et que la route ne vous entraîne avec elle. C’est l’instant de tous les possibles; c’est le matin qui se lève sur un jour glorieux; c’est la seconde après laquelle on deviendra – ne serait-ce qu’un tout petit peu – différent. Une belle chose à vivre, en vérité.
La Chine, donc. La décision d’y aller – avec Guillaume et Michael, mes lecteurs assidus s’en doutent déjà – a été prise en décembre déjà, lors de l’ascension du mont Mitake; les préparatifs concrets, eux, ont été bien évidemment faits à l’arrache et c’est cela même qui est beau.
Même si je n’y suis resté qu’une semaine à peine, j’ai tout de même un certain nombre de choses à dire sur la Chine; pour organiser un peu tout ceci, je vais faire des billets plutôt thématiques que chronologiques. Ce billet ceci se concentrera – à tout seigneur, tout honneur – sur la pièce maîtresse de toute visite touristique dans la capitale chinoise, la Cité Interdite.
Ce qui frappe d’abord dans la Cité Interdite, c’est sa taille. Bien sûr, si vous avez vu l’un des innombrables films s’y déroulant – Hero me vient immédiatement à l’esprit – vous vous doutez bien qu’elle est grande; mais je n’avais pas réalisé à quel point elle l’était.
Avec sa forme rectangulaire et son emplacement central sur une carte touristique curieusement dépourvue d’échelle, elle est rapidement devenue notre unité de mesure de distances dans la ville. Exemple d’utilisation:
- Il est encore loin l’arrêt de métro?
- Laisse-moi voir… Une Cité Interdite et demie environ.
- Oh non.
A l’intérieur, il y a ces célèbres couloirs qui s’étendent entre deux murs aveugles hauts de trois étages. S’il n’y a pas trop de touristes et que l’on lève la tête, le dépaysement est garanti.
Les innombrables portes et passages forment des labyrinthes et des enfilades qui ne manqueront pas de vous faire songer aux gens qui ont vécu ici avant et qui y sont passés des siècles avant que vous ne soyez venus au monde.
A l’intérieur de ses murs, la Cité se paie le luxe d’avoir des places dont l’étendue ne pourrait que faire rêver n’importe quel château-fort occidental (ou japonais). Et encore, celle-ci n’est ni la principale, ni même centrale.
Signe des temps, de petits bancs ont tout de même été installés pour permettre au visiteur épuisé de parcourir les allées interminables de se ressourcer.
Et puis, il y a les jardins, eux aussi splendides.
La spécialité décorative chinoise, c’est des jardins de roche érodée d’une façon qui la fasse ressembler à un organisme vivant.
Bien sûr, il y a aussi des dragons.
Le pavage se fait vieux, mais l’usure lui donne un aspect mosaïque qui vaut le coup d’oeil à lui seul.
Et puis, il y a les intérieurs, somptueusement décorés…
…mais hélas pas très bien entretenus. On voit même quelques toiles d’araignée par-ci et par-là.
Une chauve-souris bien déterminée.
Comme souvent dans les palais, l’un des aspects les plus frappants est une forte densité de détails sur une surface pourtant large. D’habitude, nous avons l’habitude soit des grands espaces avec peu de détails (pensez au Grand Canyon), soit à des espaces réduits avec une multitude de détails (une ruelle japonaise, par exemple). Dans la Cité Interdite, nous avons une multitude de détails sur des kilomètres.
Les poignées d’un vase (trop grand pour être porté?)
La plupart des peintures sont restaurées, mais hélas pas toujours avec autant de soin que sur cette photo.
Un gardien, encore un.
Et ça n’en finit pas.
Giger adorerait sûrement cette roche.
Une demi-journée, c’est trop peu pour découvrir un monument de cette envergure. Mais, en même temps, pourquoi se presser? Ces murs-ci attendront bien un millénaire de plus.





















27/04/2010 à 18:18 |
[...] Durant les quatre mois qui ont suivi la publication du premier article récapitulatif, “100″, j’ai ainsi rédigé pas mal d’articles concernant mes voyages. Sur l’île principale de l’archipel, il y a eu ainsi Yokohama et son bâtiment Nissan; Nagoya et ses usines Toyota; Hakone et son musée en plein air; le mont Mitake et ses temples; Kurashiki et son festival du Nouvel-An; Matsushima et ses îles; Kawagoe et sa vieille-ville; Osaka et sa carte Icoca son château; Hiroshima et ses illuminations; et Miyajima et ses biches. Mais j’ai aussi publié une série de billets concernant la grande île du nord du Japon, Hokkaido, ainsi que le petit archipel du Sud, Okinawa. Enfin, j’ai profité du fait d’être au Japon pour visiter d’autres pays, un peu moins inaccessibles depuis ici: il s’agit de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la Chine. [...]
29/04/2010 à 11:23 |
[...] dégage de la visite à Pékin. D’un côté, les monuments historiques (cf. les deux billets précédents) sont absolument extraordinaires et pétrifiants de beauté; de l’autre, les constructions [...]
24/05/2010 à 17:11 |
[...] sur le temple en bas de chez moi. On commence à faire son difficile, à comparer – “la Cité interdite est bien plus impressionnate”, “Kiyomizu-dera à Kyoto a un bien plus beau parc”, [...]
28/07/2010 à 10:46 |
[...] Muraille – Hong Kong – Pékin – Séoul – [...]
28/07/2010 à 14:43 |
[...] trouve sur certaines lignes aériennes américaines (celui-ci a été pris sur le vol Tokyo-Pékin, effectué par Delta). J’en fais la collection pour la simple et bonne raison que, si un jour [...]