A Pékin, changer totalement d’univers est parfois aussi simple que de traverser une porte. On quitte une rue bruyante et polluée et on plonge dans l’ambiance feutrée de la gare ferroviaire sud de Pékin, dont les dimensions et le design n’ont rien à envier au nouveau terminal de l’aéroport Charles-de-Gaulle.
Un voyage de nuit de huit heures nous attend. Nous allons à Shanghai, éloigné de la capitale d’une bagatelle de 1000 kilomètres. Le prix – 70 francs suisses – reste inabordable pour le commun des mortels dans un pays où un taxi coûte 5; par conséquent, la clientèle est aisée et on met les petits plats dans les grands. Les couchettes sont impeccablement propres et plutôt spacieuses…
…de l’eau est offerte…
…et chaque couchette est équipée d’une télé. Pour peu, on se croirait au Japon.
Etant donné que nous ne sommes que trois, nous partageons notre compartiment avec un executive chinois plutôt sympathique et dont le hobby est la médecine traditionnelle (rien d’étonnant, quoi). Il nous fait une démonstration en prenant ma main et en enfonçant son pouce dans ma paume. Ca fait très mal, symptôme selon lui d’un refroidissement que je serais en train de couver. Je ne vois pas vraiment comment j’aurais pu ne pas avoir mal – à moins d’être mort – mais bon, passons. L’executive sort aussi son nécessaire à acupuncture (qu’il porte toujours sur lui) mais semble déçu lorsqu’aucun volontaire ne se présente. De toute façon, il est l’heure de se coucher.
Le lendemain matin, nous sommes déjà à Shanghai.
Autant vous le dire tout de suite: j’ai largement préféré Shanghai à Pékin. C’est une ville plus vivante, moins carrée, et plus à taille humaine. Bien sûr, la foule est omniprésente, mais après Tokyo on apprend à relativiser ce genre de choses.
Un seul immeuble – large d’une dizaine de mètres tout au plus – sépare le cliché du haut du celui du bas, et pourtant quel contraste!
En se promenant dans le Bund, ou l’ancien quartier colonial anglais, il est facile d’oublier sur quel continent on se trouve – les bâtiments du style européen sont massifs et s’étendent sur des kilomètres. Pour que l’on ne s’oublie pas trop – et aussi, sans doute, par esprit revanchard somme toute assez compréhensible – la ville à mis un point d’honneur à orner chacun de ces bâtiments d’un drapeau rouge.
A Shanghai, nous rendons visite à des amis universitaires de Guillaume qui passent une année d’échange en Chine. Se faire guider par un quasi-local est plaisant – pas besoin de trouver les bars et restaurants sympas soi-même. Surtout les restaurants; de manière générale, la Chine n’est pas un pays pour les estomacs fragiles. Ainsi, par exemple, il n’est pas toujours possible de trouver, dans un convenience store, un produit de longue conservation qui n’ait pas encore passé sa date d’expiration, les gérants décidant sagement qu’on ne les appelle pas “longue conservation” pour rien. On apprend donc l’art subtil du compromis: on vient au magasin en disant “Allez, cette fois je n’achète pas de produit périmé” et après avoir cherché pendant 10 minutes on ajuste ses standards à “Bon, trouvons-en au moins un qui ait expiré cette année-ci”. Dans les restaurants (surtout les petits-pas-chers), le spectacle n’est guère plus rassurant; le mieux est encore de regarder où les gens du coin mangent. Du coup, les amis de Guillaume deviennent davantage que des guides: des goûteurs.
Au milieu du repas, un petit chaton aussi antihygiénique que mignon décide d’escalader nos jeans.
Et après, promenade digestive entre les bambous.
Michael, Guillaume, Hugo, moi
Suite et fin au prochain numéro.











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[...] Grande Muraille – Hong Kong – Pékin – Séoul – Shanghai [...]
28/07/2010 à 14:43 |
[...] 21. Une carte de Shanghai. [...]