Hong Kong est un monument à l’urbanisme dans tous les sens du terme. C’est en regardant les façades de ses quartiers populaires que l’on se rend compte ce que l’expression “une ville avec de la personnalité” signifie réellement.
Ici, l’architecture peut en dire autant autant qu’un roman. Chacun de ses balcons raconte une histoire que l’on peut essayer de suivre.
Esthétiquement, certains paysages urbains sont tout simplement sublimes. C’est d’ailleurs assez hypocrite quand on y pense; on n’aimerait pas y vivre, mais on adore passer devant. Cela dit, c’est le propre de tout épos; d’habitude, plus une histoire est prenante, moins on voudrait en faire partie.
Laura à l’entrée du temple Man Mo.
A l’intérieur, d’étranges lampes pendent au plafond. En les observant bien, on se rend compte qu’il s’agit en réalité de bâtons d’encens roulés en spirale qui se consument lentement.
Exubérantes et tentaculaires, les rues de la ville peuvent être parfois pénibles à parcourir à pied. Heureusement, un réseau de bus touristiques (à deux étages, héritage anglais oblige) à toit ouvert dessert les principaux monuments de la ville. Pour 5 francs, on peut acheter un pass qui permet de monter et de descendre n’importe où à volonté – une excellente affaire.
L’architecture de la ville a été prédéterminée par sa position géographique: coincée entre la mer et les montagnes, pressée par une population sans cesse croissante, elle a naturellement poussé vers le haut.
Du coup, alors que dans le reste du monde il existe une limite très claire entre les “tours” de luxe et les “barres” populaires, à Hong Kong le moindre squat n’affichera jamais moins de 30 étages. Ceci donne à la ville un aspect unique et une saveur exceptionnelle.
On se promène dans la ville comme on marcherait dans un canyon ou dans une forêt de sequoias. On ne sait jamais ce qui nous attend au tournant ou quand le soleil surgira de derrière un bâtiment.
Comment faire si votre appartement n’a pas de balcon mais que vous en avez subitement besoin? La plupart des gens déménageraient; les Hongkongais, eux, se fabriquent un balcon de fortune avec du bambou et des filets, et ce à vingt étages d’altitude.
Bref, Hong Kong serait déjà une ville absolument fascinante si elle n’était composée de quartiers comme celui-là:
Toutefois, vous n’ignorez pas que ce n’est pas exactement le cas. Même si les quartiers populaires représentent l’âme de la ville, son cœur bat ailleurs, dans les quartiers splendides et hypermodernes qui abritent l’un des systèmes économiques les plus performants au monde.
Ce qui est incroyable, pourtant, c’est que la ville résiste à la catégorisation tranchée de ses districts en quartiers “riches” et “pauvres”, “anciens” et “modernes” ou même “chinois” ou “occidentaux”. Bien sûr, on arrive à percevoir des tendances différentes selon l’endroit où l’on se trouve, mais le tout reste incroyablement harmonieux pour une ville aussi éclectique (contrairement à une ville comme Los Angeles, par exemple, ou la différence entre un “bon” et un “mauvais” quartier est impossible à rater). Même si Hong Kong regroupe en son sein deux univers complètement différents, elle parvient à réaliser l’exploit de rester plutôt propre, sûre et accueillante sur l’ensemble du territoire, et cela force vraiment le respect et admiration. Plus complètement chinoise mais pas vraiment occidentale pour autant, Hong Kong reste un OVNI mystérieux d’un charme exceptionnel, un mélange de deux cultures improbable mais pourtant réussi et un souvenir de voyage absolument superbe.
Demain, nous nous pencherons plus en détail sur l’héritage britannique de la ville et sur son visage “moderne”. Stay tuned!













31/05/2010 à 02:15 |
J’ai beaucoup les clichés comme d’hab.
Les balcons de fortune et autres la hauteur des batiments laissent présager que le département de l’aménagement du territoire est moins pénible que celles du canton de Genève!
03/06/2010 à 22:04 |
[...] massif de sous-marin? Sans doute. Le fait qu’un tel bâtiment ait été plus à sa place à Hong Kong qu’à Tokyo? Peut-être. Son aspect abandonné et mystérieux – le genre à faire [...]
21/07/2010 à 17:28 |
[...] sûr, les voyages ne sont pas oubliés. Autour du Japon, avec Séoul et Hong Kong; mais surtout au sein du pays. Certains lieux visités ont été iconiques, comme Kyoto, Nara ou [...]
28/07/2010 à 10:46 |
[...] Muraille – Hong Kong – Pékin – Séoul – [...]
28/07/2010 à 14:43 |
[...] 24. Un purikura de Séoul et deux tickets (bus et train à crémaillère) de Hong Kong. [...]