Situé au cœur du parc d’Ueno, le Musée National de Tokyo est un passage (presque) obligé pour le touriste désireux d’étendre ses connaissances du Japon au-delà des bars à sushi et des jouets Hello Kitty. A l’image du Musée National de Corée (au demeurant, bien plus logiquement nommé; le musée dont il est question dans cet article n’aurait-il pas gagné à s’appeler Musée National du Japon, histoire de ne pas laisser croire que seule l’histoire de la capitale serait exposée entre ses murs?), il s’agit d’un établissement “générique” avec une exposition principale retraçant les grandes lignes de l’histoire de l’archipel et des expositions temporaires se concentrant sur des aspects plus précis de celle-ci.
Comme dans le musée coréen, on peut y prendre des photos (sauf pour certaines pièces, explicitement marquées, et évidemment sans flash): une pratique admirable dont bien des musées occidentaux devraient s’inspirer. Je comprends le raisonnement derrière les interdictions en vigueur (le visiteur pouvant prendre ses propres photos aurait moins de chances d’acheter un livre à la boutique du musée), mais cela ne m’empêche pas de penser qu’il est faux; les gens pour qui la qualité des reproductions est importante achèteront de toute façon un album fait professionnellement; les gens pour qui elle ne l’est pas ne le feront pas et se tourneront vers Internet à défaut de pouvoir disposer de photos prises par eux-mêmes.
En tout cas, vu que dans le Musée National de Tokyo la photo est autorisée, je ne vais pas me priver du plaisir de vous montrer quelques-unes des pièces exposées.
Un jeu de billes et des Smarties Des bijoux anciens.
Ceci est un miroir, ou plus précisément le revers de celui-ci; l’autre côté est lissé et poli pour réfléchir la lumière.
Ce récipient servait à faire bouillir de l’eau. On le déplaçait en enfilant des tiges dans les perforations sur les côtés.
Un bel exemple de travail de précision.
Jeu: essayez de deviner à quoi sert cet objet.
Surlignez pour voir la réponse: c’est un oreiller. On est zen ou on ne l’est pas.
On retrouve évidemment tous les attributs de samouraïs, comme les armures…
…les casques…
…et les épées.
La peinture est également à l’honneur. Ci-dessous un fragment du panneau intitulé “Quatre occupations cultivées”: le jeu de go.
Le tissu peut également servir de toile pour réaliser de belles œuvres, comme on le voit avec ce kimono.
Cette scène dépeignant des amoureux représente en fait une scène de kabuki, ce qui veut dire que l’acteur à droite est un homme. Plus intéressant encore, la note du musée en dessous précise que “a couple under une umbrella symbolized a michiyuki, which was likely to end up as a double suicide”. Si c’est pas japonais, ça.
D’autres tableaux sont plus expressifs et colorés.
L’expression du visage ne présage rien de bon.
Une sculpture plutôt intimidante.
Un Bouddha moustachu.
Et, bien sûr, un vase, attribut indispensable de tout musée oriental.
Ces pièces ne sont que quelques-unes parmi une panoplie plutôt impressionnante. Dernier conseil: n’omettez pas de faire un tour à la boutique du musée. On y trouve en effet pas mal de livres illustrés d’excellente facture ainsi que des accessoires (foulards, éventails, et compagnie) aux motifs japonisants que vous voudrez peut-être rapporter en tant que souvenirs. Sachez, en effet, que paradoxalement, il est bien plus facile de trouver sur l’archipel un accessoire avec une tour Eiffel ou une inscription en anglais qu’avec une branche de sakura. Au Japon, bien sûr, il y a beaucoup d’objets qui sont japonais, mais beaucoup moins qui font japonais – en critique littéraire, on retrouve la même opposition entre la véracité et la vraisemblance d’une œuvre. Nonobstant, vos amis et vos proches risquent de ne pas comprendre si vous leur ramenez du Japon un T-Shirt avec un gros logo Danone dessus, même si ce design fait actuellement fureur au pays du soleil levant (si, si). Quelque part, cela se comprend: pourquoi le Japonais moyen voudrait-il limiter les motifs de sa garde-robe aux clichés de son propre pays alors qu’il y en a tant d’autres à essayer? Pour le touriste en recherche de souvenirs, toutefois, c’est un enfer, et les endroits où l’on peut trouver des objets de qualité ayant l’air distinctement japonais sont rares. Les boutiques des musées en font partie, ne les manquez donc pas (les boutiques de souvenirs des aéroports sont l’autre possibilité mais le choix y est réduit et les prix astronomiques).

















21/07/2010 à 17:29 |
[...] On complète la check-list « touristique » avec des passages comme le musée ou le parc d’attractions. Et, bien sûr, il y a le voyage final dans la région des cinq lacs [...]
28/07/2010 à 10:43 |
[...] Akihabara – Disneyland – Harajuku – Makuhari Messe – Minami-Azabu – Musée National de Tokyo – Odaiba – Palais impérial – Parc Hibiya – Roppongi Hills – Ryogoku [...]