Un peu de japonais III: apprendre les kanji

Les kanji, c’est un peu l’épouvantail agité devant tous ceux qui envisagent d’apprendre une langue basée sur ces caractères. Beaucoup de personnes sont convaincues que l’on ne peut jamais maîtriser ce mode d’écriture à moins d’y avoir été inité dès la petite enfance ou que, tout au moins, cela prendrait des années d’y arriver. Je vais briser immédiatement le suspense en vous révélant que c’est faux et qu’en fait, avec un peu de méthode, apprendre les kanji peut littéralement devenir un jeu d’enfants… mais n’allons pas trop vite.

Les kanji sont plus intimidants que les mots d’une langue étrangère basée sur un alphabet pour deux raisons:

1. Il n’y a aucun lien entre le dessin du kanji et sa prononciation. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai – en fait la prononciation est parfois déterminée par un élément du kanji mais on s’en rend habituellement compte après l’avoir appris, pas avant. Si on ne connaît pas un kanji, on ne peut la plupart du temps même pas le lire, ce qui est assez démotivant, il faut l’avouer. De plus tous les kanji ont plusieurs lectures – parfois deux et parfois dix. Par conséquent, alors qu’une langue européenne ne demande qu’à apprendre la connexion « sens »-« son » (l’écriture étant toujours plus ou moins vaguement apparentée au son), le mot japonais nécissite d’apprendre les connexions « sens »-« son » et « sens »-« écriture » en même temps – et d’effectuer ainsi le double du travail.

2. Pour retenir l’écriture d’un mot français, il faut de retenir sa pronociation et la moduler par les règles d’orthographe. Par exemple, si on se souvient de la sonorité [metro] et du fait qu’il y a un accent aigu quelque part dans ce mot, on pourra écrire correctement le mot « métro ». Quand on y pense, l’exercice n’a rien d’évident. En fait, d’ici la fin de ce billet, j’espère vous convaincre qu’il est plus difficile d’orthographier correctement les mots français que de tracer correctement des kanji. Toutefois, nous sommes habitués au premier et pas au second; et ainsi, nous devons, pour retenir des kanji, procéder d’une façon qui ne nous est ni familière, ni facile: solliciter la mémoire visuelle. Le problème, c’est qu’elle a ses limites: retenir visuellement l’écriture du kanji 品 (« trois carrés disposés en pyramide ») est une chose, mais celle d’un kanji comme 響 en est une autre.

La faiblesse des méthodes traditionnelles d’enseignement des kanji est qu’elles gèrent assez mal ces deux problèmes. Du coup, l’apprentissage s’en trouve très ralenti et compliqué, ce qui contribue à entretenir le mythe des kanji imprenables auxquels il ne vaut même pas la peine de s’attaquer. La méthode classique d’apprentissage des kanji est la suivante:

1. Commencer par les kanji correspondant aux mots simples, comme « manger », « oiseau », et ainsi de suite;

2. Apprendre chaque kanji avec une ou deux lectures de base, auxquelles viendront ensuite se greffer, au fil du temps, des lectures plus avancées;

3. Apprendre l’écriture, la lecture et le sens des kanji en parallèle en suivant les thèmes des leçons.

Pour apprendre le tracé des kanji à proprement parler, les méthodes préconisent soit la répétition pure et simple, soit le décryptage de l’étymologie du kanji dans l’espoir de créer des repères mnémotechniques. Attardons-nous quelque peu sur ce dernier point. Il est en effet évident qu’essayer de retenir 2000 signes différents comme autant de « croix au-dessus d’un carré et une petite barre en-dessous barrée trois fois… » n’a de sens que si on n’a rien trouvé de mieux et qu’on a une décennie ou deux devant soi. De plus, même si tous les kanji sont très différents, on y retrouve sans cesse les mêmes éléments. C’est normal puisqu’à l’origine les kanji ont été des pictogrammes. Par exemple l’élément de l’arbre, 木, va pouvoir se retrouver à gauche des kanji comme 楢 (chêne) et 樺 (bouleau). De même, vous remarquerez que les kanji 海 (mer) et 洗 (laver) ont en commun les trois petites « gouttes » à leur gauche qui ne sont en fait rien d’autre qu’une abbréviation du kanji « eau ».

L’étymologie est donc un puissant moyen mnémotechnique pour retenir des kanji. L’exemple classique est le kanji « aimer »,  好, qui est en fait composé des kanji « femme » (女) et « enfant » (子). Avouez que c’est aussi poétique que facile à retenir. De même, prenons le kanji « feu », 火. Rajoutons à sa gauche l’élément qui peut vouloir dire « cîme des arbres » (regardez bien – c’est l’arbre 木 avec un trait supplémentaire en haut) et nous obtiendrons 秋, ou « automne ». Mieux encore, posons l' »automne » sur l’élément du coeur, 心, et nous avons le kanji pour « triste »: 愁. Donc, lorsqu’on est triste, c’est que notre coeur est en automne; et l’automne, c’est lorsque les cîmes des arbres sont en feu… c’est beau, non?

Beau, mais hélas insuffisant. En effet, seule une minorité des kanji possède une étymologie qui puisse servir de clé mnémotechnique aussi directement et facilement que les exemples ci-dessus. Ceci est dû aux plusieurs facteurs. D’une part, tous les concepts ne peuvent pas être facilement illustrés par une simple juxtaposition d’autres concepts et d’autre part les kanji ont subi de nombreuses transformations au fil des années. Par exemple, en cours, on nous présente le kanji 手 et on nous dit qu’il veut dire « main ». Soit, on l’apprend. (Pourquoi elle a six doigts, la main? Parce que!) Puis, le lendemain, on nous montre le kanji « ami », 友, et on nous dit qu’il est dérivé du pictogramme de deux mains qui se joignent. C’est à ce moment-là que toute velléité de méthode mnémotechnique est définitivement enterrée car deux fois 手 ne donnera jamais 友 dans l’esprit de tout élève normalement constitué. C’était peut-être le cas il y a deux mille ans mais depuis ces deux kanji ont indépendamment évolué jusqu’à être complètement distincts. Dans ce cas-là, l’étymologie rend l’apprentissage plus difficile en semant le confusion dans des esprits déjà fiévreux et affaiblis par la quantité d’informations nouvelles.

Du coup, l’élève moyen se retrouve constamment à jongler entre les kanji dont l’étymologie est facile, ceux dont il arrive à trouver des astuces mnémotechniques tout seul (ainsi, pendant longtemps, je voyais 晩 (soir) comme un gros monsieur qui regarde le soleil (日) se coucher et 食 (manger) comme une espèce de R stylisé…) et ceux qu’il se résigne à apprendre par la répétition bête et méchante. Rajoutez dans le mix des pronociations et vous comprendrez toute la frustration qui peut en sortir: les kanji ne se laissent pas facilement dompter et on doit constamment réapprendre les mêmes. Les différentes explications et astuces, souvent contradictoires, finissent par se mélanger dans la tête et on a l’impression de devoir jongler avec des centaines de balles tout en étant menotté à une poutre en béton.

Bref, c’était un véritable enfer et une tâche herculéenne jusqu’à ce qu’un certain James W. Heisig ne développe, dans les années 70, une méthode aussi simple que géniale. Elle est basée sur trois principes qui semblent évidents… mais que pourtant personne n’a pensé à appliquer avant.

1. Puisqu’apprendre à la fois le sens, la prononciation et l’écriture des kanji est difficile, il faut séparer les tâches ou, pour ainsi dire, « diviser pour régner »; d’abord apprendre l’écriture des kanji avec leur sens, et ne se préoccuper de la lecture qu’après coup.

2. Puisque tout apprentissage sérieux de japonais implique l’apprentissage d’au moins 2000 caractères, et qu’il faudra apprendre l’ensemble de ces 2000 caractères tôt ou tard, il serait plus logique d’apprendre les kanji non pas dans l’ordre de leur fréquence d’apparition, mais dans l’ordre croissant de leur complexité, en se servant du fait que de nombreux kanji servent de « blocs de construction » pour d’autre kanji (comme dans l’exemple « feu »-« automne »-« triste »). Ainsi, en apprenant à la suite, par exemple, tous les kanji contenant le signe « fil » (dont beaucoup ont – surprise – un rapport avec les textiles) on tirerait profit des synergies et des ponts qui peuvent être créés entre eux. Par exemple, une fois que l’on a appris 日 (soleil) et 目 (oeil) on va immédiatement apprendre 昌 (prospère – comme l’agriculteur dont les terres seraient éclairées par un soleil de jour et un autre de nuit, et qui pourrait amasser le double de récoltes),  晶 (étinceler – comme un diamant dont chaque facette renvoie des rayons de lumière et ressemble à un petit soleil) et 冒 (risque, associé au fait de tourner son oeil vers le soleil sans protection). Ces kanji sont parmi les 25 premiers à apprendre; des kanji plus compliqués représentant des concepts plus simples ne seront appris que bien plus tard (« manger » est ainsi le numéro 1472 et « oiseau » le numéro 1941). Quand on enseigne le japonais aux enfants, on ne peut pas procéder de la sorte car les enfants vont apprendre certains concepts en même temps que les mots et il faut donc commencer par des concepts simples; mais pour les adultes, il est plus logique de commencer par les kanji simples, à condition évidemment que la tâche ne soit pas abandonnée à mi-chemin, lorsque vous saurez écrire « nitrate » mais pas « froid ».

3, et le plus important: Puisque l’étymologie permet de progresser inifiniment plus efficacement que la répétition mais que tous les kanji n’en ont pas une facilement utilisable, il suffit de créer une étymologie artificielle et consistante pour l’ensemble des kanji. De cette façon, chaque nouveau kanji se trouve réduit à un assemblage de kanjis ou d’éléments déjà connus – la plupart du temps deux ou trois, au maximum cinq ou six. Pour retenir les kanji, il suffit de leur associer une petite histoire associant ces éléments primitifs (comme nous avons fait pour « automne » puis pour « triste ») et le tour et joué.

C’est sur la base de ces observations que Heisig a développé le livre « Remebering the Kanji » (« Les kanji dans la tête en français »), une méthode d’apprentissage de quelque 2048 kanji (un deuxième volume en rajoute un millier de plus). Le livre classe les 2048 kanji par ordre de complexité croissante, les décortique en éléments primitifs et montre comment on peut inventer de petites histoires pour retenir ces éléments.

Il est important de comprendre deux choses. Tout d’abord, là où c’est possible, la méthode utilise la « vraie » étymologie, mais la cohérence prime avant tout. Ainsi, « main » sera toujours un certain assemblage de traits bien précis; même si, en réalité, cet élément prend beaucoup de formes différentes, Heisig associera des mots-clés distincts à chacune de ces formes pour faciliter l’apprentissage et éviter la confusion. De plus, les mnémotechniques utilisées doivent être aussi frappantes que possible. Par exemple, prenons le kanji 大, « grand », qui sert d’élément primitif à de nombreux autres kanji. Le pictogramme original représente un grand homme qui écarte les bras; mais Heisig trouve cette image un peu trop fade et, afin de mieux stimuler la mémoire, propose de l’associer plutôt à un grand chien – le St-Bernard. Il est plus facile d’inventer des histoires mémorables avec un St-Bernard bien concret qu’avec un quelconque homme qui écarte les bras. Ainsi, pour le kanji « ustensile », 器, Heisig propose de se souvenir d’un St-Bernard couché sur une table, tel un sanglier lors d’un banquet, avec une pomme dans la bouche. Il propose ensuite d’imaginer que le malheureux chien est entouré par quatre bouches (les carrés) affamées qui attendent qu’on leur apporte les ustensiles pour débuter le repas. C’est un peu drôle, un peu effrayant et un peu dégoûtant à la fois – et surtout ça sert à graver l’image, et donc le kanji, dans la mémoire. Tous les moyens sont bons pour inventer ces histoires; plus elles sont anachroniques, absurdes, et mémorables, mieux c’est. Par exemple, Heisig suggère d’associer le sens « ordinateur » au kanji 里 sur la base de la ressemblance pictographique. L’anachronisme est évident, mais il est utile; en effet, pour mémoriser le kanji 黒, « noir », on imagine tout naturellement un ordinateur posé sur des flammes (les quatre points en bas) qui dégage une épaisse fumée noire. De même en associant 王, « roi » à l' »ordinateur » 里 on obtient le kanji 理, »logique ». Ainsi, pour se souvenir comment on écrit « logique » on n’aura plus à se souvenir de 11 traits mais seulement du fait que c’est quelque chose sur quoi les ordinateurs règnent en maîtres (en effet, comme les éléments primitifs sont très simples et reviennent sans cesse, ils s’apprennent quasi tout seuls). Et ainsi de suite.

Des sceptiques pourront se demander si apprendre toutes ces histoires n’est pas un gâchis de temps qui pourrait être mieux dépensé à apprendre les kanji à proprement parler. Il n’en est rien. Les histoires, par leur logique interne, sont beaucoup plus faciles à retenir que des assemblages de traits, exactement de la même façon que « Merci Vous Tous Maintenant Je Sais Unir Neuf Planètes » est plus facile à retenir que « Mercure – Vénus – Terre – Mars – Jupiter – Saturne – Uranus – Neptune – Pluton » (cette phrase a évidemment été trouvée avant que Pluton ne se fasse disqualifier). De plus, avec le temps, elles disparaissent toutes seules, comme des échafaudages autour d’un bâtiment dorénavant assez solide pour tenir seul. Et elles permettent d’aller vite, très vite; pour vous donner une idée, je suis censé apprendre, lors du premier semestre de japonais ici, environ 200 kanji avec une ou deux lectures; avec la méthode de Heisig, mon rythme de croisière était de 50 par jour – certes, sans les lectures, mais enfin il n’y a quand même pas photo.

Justement, le fait d’apprendre l’écriture et la lecture des kanji est un autre aspect de la méthode qui peut éveiller le scepticisme de certains. De plus, pour des raisons de simplicité, on n’apprend qu’un seul sens associé à chaque kanji (alors qu’en réalité il peut y en avoir plusieurs) et on n’apprend que les kanji, pas les mots (parfois, un mot est composé d’un seul kanji et a le sens du kanji, mais parfois deux ou trois kanji peuvent former un seul mot – ce que explique qu’il y a naturellement plus de deux ou trois mille mots en japonais). Investir des centaines d’heures sur une version aussi castrée de la langue a-t-il un sens? Eh bien, toutes ces critiques sont très valables, mais il faut bien comprendre que le but de la méthode n’est pas de vous apprendre à parler japonais, mais bien à apprendre les kanji dans le but de faciliter l’apprentissage du japonais. Ecrire les kanji, ce n’est qu’une toute petite partie de l’apprentissage du japonais – mais c’est celle qui pose le plus de problèmes au plus grand nombre de gens, et le livre de Heisig permet de se débarasser de ce problème en un temps record.

En fait, l’auteur lui-même recommande de finir le livre avant d’entamer l’étude du japonais – le système basé sur les éléments primitifs et les histoires mnémotechniques se suffit en effet à lui-même pour retenir tous les kanji – afin que les deux systèmes d’apprentissage (le sien et le « traditionnel ») n’interfèrent pas. Une personne qui compléterait le livre se retrouverait en position d’un Chinois ou d’un Koréen, qui comprennent le sens des kanji mais ne savent pas les prononcer. Ce n’est peut-être pas beaucoup, mais c’est déjà ça. Il ne faut pas non plus oublier un énorme avantage psychologique qui vient avec le fait de pouvoir saisir, ne serait-ce que dans les grandes lignes, le thème d’une affiche ou d’une phrase. Pouvoir comprendre au moins quelque chose est un motivateur puissant – et la démotivation est l’ennemi numéro un de tout apprentissage.

Combien de temps apprendre les 2000 kanjis prendrait-il? Ce temps varie en fonction de vote degré d’assiduité, mais vous pouvez en tout cas y arriver en moins de 6 mois. Cela semble très rapide, et pourtant c’est parfaitement faisable grâce au système des histoires et au fait que les éléments primitifs mis en évidence par Heisig sont parfaitement cohérents du premier kanji jusqu’au dernier, même si pour faire cela il a dû faire quelques entorses à la « vraie » étymologie par-ci et par-là. Attention, toutefois, le fait que la méthode est simple ne veut pas dire qu’elle est facile. Vous aurez tout de même 2000 caractères à apprendre. La clé est la régularité: vous devrez intégrer, le temps de ces quelques mois, l’apprentissage et la révision des kanji à votre vie quotidienne – week-ends y compris. La clé est la régularité: il est important d’en faire au moins quelques-uns chaque jour, sauf cas de force majeure.

Pour vous donner une idée, il est assez simple d’en faire une vingtaine par jour avec cette méthode. Comptez entre quarante-cinq minutes et une heure par session. Six jours par semaine, apprenez-en 20 (ca vous prendra entre 20 et 30 minutes une fois que vous vous y serez faits) et utilisez le reste du temps pour réviser. Le septième jour, ne faites que de la révision. Si vous arrivez à tenir le rythme sans jamais faillir, il vous faudra environ 120 jours, ou 4 mois, pour apprendre les 2000. Etant donné que nous vivons dans un monde réel, vous ne pourrez évidemment pas y consacrer une heure par jour; en outre, plus vous avancerez dans le livre et plus les révisions prendront du temps. Mais dans tous les cas, 6 mois vous suffiront pour abatrre une tâche qui vous semblait sans doute inconcevable il y a encore cinq minutes, lorsque vous avez commencé à lire ce texte.

Les vacances d’été sont le moment idéal pour faire ceci car vous avez plus de temps. Bien sûr, vous aurez probablement un travail d’été (c’est quelque chose que je vous recommande vivement avant de partir au Japon, à moins d’être fils de millionaire), mais au moins il n’y aura pas de devoirs le soir. Pour ma part, j’ai commencé le livre à la mi-août et je l’ai fini en début décembre. De 20 kanji quotidiens, je suis rapidement passé à 25, puis 30, puis 50. J’y consacrais entre une heure et demie et deux heures chaque jour – ça peut sembler beaucoup, mais combien de temps passez-vous chaque jour à lire des âneriesblogs? A s’ennuyer dans les transports en commun? A regarder la TV? A appuyer sur F5 pour rafraîchir Facebook en espérant que quelqu’un poste un status update intéressant?

A ce rythme, il ne me fallait en théorie que 41 jours pour tout apprendre mais, comme je l’ai dit, nous vivons dans le monde réel. Dans tous les cas, si on m’avait dit, avant que je n’entende parler du livre en julliet, que je connaîtrais le sens de 2000 caractères japonais avant la fin de l’année – pas parfaitement et en se mélangeant parfois les pinceaux, mais tout de même – j’aurais sans doute ri. Et pourtant.

En fait, il est possible d’aller encore plus vite à condition de s’en faire une occupation à temps plein. Je crois que le record est de deux semaines, mais vous n’avez pas besoin d’être aussi stakhanoviste. Si vous vous dites « cet été, j’apprends les kanji », deux mois vous suffiront largement. Bref, en fonction de votre degré d’implication cela vous prendra 2, 4 ou 6 mois – mais étant donné que la plupart de gens sont convaincus que cela prend au moins 5 ans, ce sont déjà d’excellentes performances. Il va sans dire qu’il vaut mieux faire ça quand on est étudiant et quand on a, chaque jour, ces trois ou quatre heures de temps libre dont on peut dépenser une ou deux pour apprendre une langue – cette situation ne durera pas longtemps, et pour certains c’est déjà un rêve inatteignable.

Et maintenant que vous connaissez la théorie derrière tout ça, il ne vous reste plus qu’à l’essayer par vous-même. Les 276 premiers kanji et les histoires associées peuvent être gratuitement téléchargées, à titre d’échantillon, sur le site de l’université où Heisig travaille. Essayez donc pour vous voir si ça peut vous convaincre. Et préparez-vous à recouvrir beaucoup de papier de ces petits signes.

Au fait, la question de la révision se pose immédiatement quand on doit apprendre de tels volumes d’information. Comment apprendre et réviser de manière efficace? Avec des listes? Des fiches? Y a-t-il d’autres méthodes?

On en parlera demain. Stay tuned!

Publicités

8 Réponses to “Un peu de japonais III: apprendre les kanji”

  1. Guillaume Says:

    Il a aussi publié un livre sur l’apprentissage du coréen ? 😉

  2. dekox Says:

    Pas de tentative de seppuku en vue, donc. Je suis déçu.

    • antonaujapon Says:

      Ne désespère pas – après avoir appris, pour chaque kanji, son sens et son écriture, il reste encore les autres sens du kanji (deux, trois en moyenne), les prononciations (2, 3… 15) et tous les mots que ces kanji engendrent. Alea jacta pas encore est, donc 😉

  3. Michel Comblez Says:

    Yves Maniette a adapté le livre de James Heisig en français. ( Voir son site: http://maniette.fr/ ) Sa version est préférable car les mnémotechniques sont bien adaptées aux acquis culturels et sociaux des francophones. S’il n’est donc pas l’inventeur de la méthode, et qu’on doit bien sûr s’incliner bien bas devant le génie de Mr. Heisig, Yves Maniette force l’admiration, car une telle traduction représente elle aussi un travail titanesque.
    Ceci dit, je confirme que c’est éblouissant. J’ai commencé au début de mois d’octobre 2009 avec les 283 premiers kanji qu’il offre gracieusement ( http://maniette.fr/echantillons/kdlt.pdf ) puis, j’ai trouvé le livre à Paris. J’ai du me rendre sur place, alors que je viens de Belgique, car ce bouquin n’est pas facile à trouver, même sur le net. La seule librairie qui le possédait est celle-ci: « Fenêtre sur l’Asie » 49 rue Gay Lussac Tél.: 01 4329 1100 . J’ai téléphoné aux autres librairies mentionnées sur le site de Mr. Maniette à Bruxelles et à Paris et aucune autre ne l’avait. Il est à 38 €, ça peut paraître cher, mais c’est en réalité très très bon marché compte tenu de ce qu’il apporte.
    Actuellement, (30-12-2009, 3 mois après mon premier kanji!!!) je suis arrivé au 3/4 du chemin, avec 1500 kanji. A chaque fois que je m’auto-teste (et ceci en révisant dans un ordre aléatoire, ce qui est très important) j’en arrive à un taux d’erreur de 4 à 6 %.

    • antonaujapon Says:

      Effectivement, adapter un tel livre est tout sauf évident car certaines mnémotechniques de Heisig ne vont parler que très peu aux francophones (je pense immédiatement à « neuf » qui est censé nous rappeler le baseball…)

  4. Se souvenir… des cours « Anton au Japon Says:

    […] Kanji 2, par Yukiko Kawasumi. Au semestre d’automne – donc lorsque j’étais au niveau 1 en japonais – nous n’avions pas le choix en ce qui concernait l’apprentissage de la langue; c’était 6 crédits (soit 9 heures) par semaine. Au semestre de printemps, pourtant, cela changea: dorénavant, nous n’avons plus eu que 5 crédits de japonais « de base » avec 1 crédit supplémentaire à choisir par nous-mêmes entre des domaines plus spécifiques comme la prononciation, la conversation ou le japonais d’affaires. Pour ma part, je n’ai pas hésité une seconde avant de choisir un cours consacré aux kanji. D’une part, parce qu’au Japon, ne pas lire les kanji, c’est être illettré, tout simplement; mais aussi parce que je les aime sincèrement. Par contre, il vaut mieux ne pas avoir froid aux yeux; le cours « Kanji 2″, c’est 278 kanji à apprendre en 15 semaines, avec, pour chacun, 2-3 lectures et 5-6 mots. Et l’examen final porte sur tout en même temps, naturellement. Heureusement qu’il y a Heisig. […]

  5. Se souvenir… des objets « Anton au Japon Says:

    […] des kanji. Le premier semestre, je passais en moyenne une heure par jour à en apprendre avec la méthode de Heisig. J’ai quelque peu ralenti au second semestre, mais des pages et des pages noirices de […]

  6. dbz Says:

    on apprendre les kanji pour LIRE le japonais, pas pour survoler un texte ou une message écrit en devinant vaguement de quoi ça parle. la méthode Kanji dans la tete est une béquille sur le chemin de l’apprentissage. à utiliser avec modération.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :