Archive for the ‘Sounds of silence’ Category

Breathe Me

28/07/2010

Aujourd’hui est le dernier mercredi de mon année au Japon, et par conséquent le dernier article « musical ». J’ai donc choisi une chanson très spéciale, une chanson que j’associe toujours à des moments de séparation, mais aussi aux nouveaux départs: Breathe Me.

Par qui? Sia

Dans quel album? Colour The Small One

Pourquoi je l’aime? Parce que, pour moi, cette chanson sera à jamais rattachée au moment où je l’ai entendue en premier – à savoir le dernier épisode de la saison finale de Six Feet Under. A ce moment-là, ceux qui ont vu Six Feet Under hochent déjà la tête avec compréhension et pour les autres je dois prendre un moment pour expliquer que cette série (2001-2005) a, avec les Soprano, complètement transformé son industrie en montrant qu’une production pour le petit écran pouvait être aussi bien – sinon mieux – écrite, jouée et réalisée qu’un film destiné au cinéma. Avant Six Feet Under, on avait Alerte à Malibu et Hélène et les garçons; après, nous avons eu Lost et True Blood (ce dernier est d’ailleurs réalisé par Alan Ball qui a aussi crée Six Feet Under).

C’est justement la chanson d’aujourd’hui qui clôt cette ouvre magnifique, et l’effet qu’elle produit alors – s’il ne fallait définir le mot catharsis que par un seul exemple, ce serait celui-la – n’a rien à envier à celui d’une bombe H qui explose dans le cerveau. Expliquer pourquoi est assez difficile; vous pourriez trouver l’extrait sur Youtube (chose qui serait extrêmement stupide) mais vous n’en seriez pas plus avancés. Pour ressentir toute l’émotion que véhicule la chanson – pour moi, cette scène est simplement la meilleure que je n’aie jamais vue à la télévision – il faut regarder la série en entier, les 63 épisodes, apprendre à connaître les personnages et à s’imprégner de l’esprit de cette oeuvre – avant de lui dire au revoir et de clore le dernier chapitre, en musique.

Comment l’écouter? Cela peut sembler drôle mais j’essaie de réserver cette chanson pour des occasions spéciales, ne pas « l’user » en l’écoutant trop. Essayez de réfléchir à ce que cette musique évoque en vous, et à quel moment – triste, joyeux, ou peut-être mélange des deux – vous aimeriez le plus l’entendre.

The Show Must Go On

21/07/2010

Il ne me reste plus que deux mercredis au Japon, et par conséquent deux chansons à partager avec vous. Je vois mal comment je pourrais faire pour ne pas inclure dans ma sélection l’une de mes chansons préférées, The Show Must Go On.

Par qui? Queen

Dans quel album? Innuendo

Pourquoi je l’aime? Il y a des chansons pour lesquelles la réponse à cette question ne peut être que « Duh! ». Pourquoi tout le monde aime cette chanson? Pour sa musique épique, pour ses paroles poignantes et pour son message, résigné mais pas désespéré. Je ne vois pas vraiment ce que je pourrais y rajouter.

Comment l’écouter? S’il n’y avait qu’un seul morceau à écouter en cas de coup dur ou de coup de blues, ce serait bien celui-ci – un remède qui fait du bien aux oreilles autant qu’à l’esprit.

Sonate pour piano n° 21 en do majeur (opus 53)

14/07/2010

Pour changer, un peu de musique classique aujourd’hui avec le premier mouvement d’un opus auquel on fait habituellement référence sous le nom de « sonate Waldstein »

Par qui? Ludwig van Beethoven

Dans quel album? « Le dernier. » (c) Les Nuls

Pourquoi je l’aime? Pour le passage qui l’ouvre (et qui reviendra à de nombreuses reprises par la suite), brillant, mais aussi pour son ambiance générale. A noter que l’interprétation d’Emil Gilels – celle de l’extrait que je vous propose – est absolument géniale.

Comment l’écouter? Ce morceau s’écoute aussi bien « intensément » (et c’est sans doute comme ça qu’il faut entamer sa connaissance avec lui) qu’en arrière-fond. De par son ton pétillant, c’est probablement un morceau à écouter de jour plutôt que de nuit.

Poets Of The Fall – Twilight Theater

07/07/2010

En janvier de cette année, j’avais fait une série de trois articles « musicaux » sur un groupe appelé Poets of the Fall – un article par album disponible à l’époque. Or, il se trouve qu’en mars 2010, le groupe a sorti un quatrième album, Twilight Theatre. Il semblait donc très logique que je vous parle de cet opus-là également en mettant en évidence quelques morceaux qui m’ont particulièrement plu.

Le deuxième morceau, War, figure en tant que chanson de générique de fin dans le jeu de Remedy Entertainment Alan Wake (auquel le clip est une référence directe). Je mentionne ce fait pour deux raisons: la première est que j’ai parlé d’Alan Wake lors de mon article sur TGS 2009 (comme cela semble loin à présent) et l’autre est que j’ai découvert le groupe grâce au fait qu’une autre de leurs chansons, Late Goodbye, figurait en générique du jeu Max Payne 2… lui aussi développé par Remedy Entertainment! Le fait que le studio de développement tout comme le groupe de musique soient finlandais n’est sans doute pas pour rien dans cette histoire d’amour qui dure tout de même depuis 2003.

La quatrième chanson, 15 Min Flame, est ma préférée sur l’album, avant tout pour l’intonation du refrain: amère, tragique et un brin hargneuse. Le pont à 2:54 est pas mal du tout aussi, avec des accents presque Muse-iens. Par contre, malus pour la structure de la chanson: couplet-refrain-couplet-refrain-pont-refrain et une durée de 5 minutes pile, ça sent le radio-wannabee. Non pas que ce soit un mal en soi: simplement, quand une chanson est aussi ouvertement formatée pour rentrer dans un certain moule, on ne peut s’empêcher de se demander si elle n’aurait pas été encore mieux sans cette contrainte.

Rewind me séduit par un refrain légèrement à contre-pied et des paroles qui parlent beaucoup à quelqu’un à qui il ne reste plus que quelques jours à passer au Japon et à qui la thématique de vouloir ralentir/stopper/rembobiner la cassette commence à parler de plus en plus.

L’album se termine par une ballade lyrique, Heal My Wounds, parfaite pour être écoutée en début de soirée.

De manière générale, on constate qu’après un troisième album très punchy, le groupe a choisi un registre bien plus sombre pour le quatrième opus. Que nous réserve l’avenir? Si les PotF choisissent de mélanger ces deux tendances, ce sera l’équivalent d’un retour à leurs débuts – ce qui ne serait d’ailleurs pas nécessairement un mal en ce qui me concerne; après tout, c’est justement la combinaison clair-obscur des morceaux aux thèmes sombres mais pleins d’entrain et d’espoir qui m’a séduit en premier lieu chez eux.

Secrets/Far Above The Clouds

30/06/2010

Le morceau que nous allons écouter aujourd’hui est en fait composé de deux moitiés si l’on en croît le partitionnement du CD, l’une appelée Secrets et l’autre Far Above The Clouds. Toutefois, ne vous y trompez pas: c’est bel et bien une seule composition, et on ne saurait écouter une moitié sans l’autre pas plus que l’on ne commencerait pas Brain Damage sans finir par Eclipse.

Par qui? Mike Oldfield

Dans quel album? Tubular Bells III

Pourquoi je l’aime? Quatre moments, en particulier, me viennent à l’esprit quand je pense à ce morceau: l’introduction, mystérieuse et un peu inquiétante (certains reconnaîtront peut-être une version à peine altérée de la mélodie de l’Exorciste, composée justement par Oldfield); la transition entre les deux parties à 3:20, abrupte mais étrangement satisfaisante; la minute qui suit immédiatement cette transition, où les percussions rythmiques et feutrées font penser à ce qu’entendrait un bébé dans le ventre de sa mère; l’apothéose, enfin, à 4:40, avec le début du chant des cloches qui va hanter le reste du morceau jusqu’à la conclusion. Et, bien sûr, il y a les solos de guitare absolument phénoménaux de Oldfield, à la fois poignants et majestueux. Le résultat est une œuvre quasi mystique, un conte évoquant la naissance, la mort, la réincarnation et la libération – un morceau qui peut, si vous l’y autorisez, vous emporter en effet loin au-delà des nuages.

Comment l’écouter? Contrairement à certains autres morceaux que j’ai pu poster ici, qui gagnent à être écoutés dans un état de légère hébétude, celui-là se savoure le mieux quand on a la tête claire. Que ce soit un matin après une bonne nuit de repos ou en début de soirée, je vous en laisse le choix.

Juliette

23/06/2010

Aujourd’hui nous allons écouter ensemble quelques compositions d’une excellente chanteuse (poétesse? barde?) appelée Juliette. Présente sur scène depuis plus de 20 ans, elle est l’une de ces perles rares qui prouvent que la musique française est loin d’être morte étouffée sous une avalanche de clones siliconés, aseptisés et plastifiés. C’est aussi l’une de ces découvertes qui justifient de s’intéresser a la musique non-mainstream en premier lieu; s’il est vrai que beaucoup d’artistes peu connus le sont moins a cause d’un complot impie des maisons de disques qu’a cause de la qualité chancelante de leurs œuvres, Juliette prouve avec brio que l’on peut être excellent(e) sans forcément passer en boucle sur MTV.

Pour vous échauffer, écoutez donc ça:

Pourquoi je l’aime? Tout d’abord, Juliette est une conteuse exceptionnelle doublée d’une versificatrice inspirée. Elle manie la langue avec amour et bonheur en élaborant des constructions aussi improbables qu’ingénieuses. Chacune de ces chansons se découvre comme une petite nouvelle, avec des péripéties et des retournements de situation, le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour. Comme si cela ne suffisait pas, Juliette manie sa voix d’une façon absolument exceptionnelle, insufflant dans le texte déjà très riche une puissance et une vibration qui ne peuvent que laisser admiratif. Du coup, on dévore ses chansons une par une comme des pralinés – tantôt doux, tantôt plus corsés – dans une boîte remplie de chocolats.

Comment l’écouter? Pour une première écoute, il est indispensable de se trouver dans de bonnes conditions pour ne pas rater une miette des paroles et des intonantions; ne faites donc pas connaissance avec Juliette sur votre baladeur. Par contre, une fois que vous vous familiariserez avec ces chansons, vous verrez que leur ton parfois amusé, parfois ironique et parfois sérieux accompagnera à merveille vos tribulations quotidiennes dans le bus ou le métro.

Par quoi commencer? J’ai personnellement commencé avec l’album Mutatis Mutandis et – peut-être à cause de ce biais d’ancrage – je trouve que c’est l’une de ses meilleures oeuvres. L’humour acerbe de Maudite Clochette ou les clins d’oeil geek de Fantaisie Héroïque sont simplement sublimes. Mais ses autres albums sont tout aussi excellents: il suffit d’écouter, par exemple, La Jeune Fille Ou Le Tigre? ou L’Eternel Féminin pour s’en convaincre.

Et encore une chose… Après avoir découvert la chanteuse, j’ai été si impressionné que lorsque mon prof d’arts visuels de deuxième année de collège nous a demandé de préparer un travail de fin d’année je me suis immédiatement attelé à la réalisation d’un clip en Flash sur Fantaisie Héroïque. Malheureusement, le temps a passé et, cinq ans et quelques formatages de disque dur plus tard, j’ai perdu les fichiers originaux. Par chance, mon professeur avait toujours une projection Flash que je lui avais envoyée; mais elle ne semble marcher que sur son Mac. C’est dommage car j’aimerais bien revoir mon travail de jadis. Je m’adresse donc à l’intelligence collective du Net: si l’un d’entre vous, heureux possesseurs d’un ordinateur à la pomme croquée, pouvait télécharger ce fichier et voir si vous arriviez à l’ouvrir – voire à trouver un moyen d’en faire une vidéo lisible sur mon PC – je vous en serais extrêmement reconnaissant.

UPDATE: Un fichier utilisable a pu être retrouvé! Vous pouvez donc regarder la vidéo ici.

Weebl’s Stuff

16/06/2010

Aujourd’hui, nous allons écouter ensemble trois morceaux très particuliers. Ils ont tous trois été initialement publiés sur Internet sous la forme de clips Flash par un certain Weebl et se distinguent par des paroles totalement absurdes (et des visuels à l’avenant) dans la plus pure tradition de l’humour britannique. Surtout, leur particularité est d’être conçus pour pouvoir être écoutés à l’infini: arrivés à un certain point, les morceaux vont recommencer, mais la transition sera si nette que vous ne vous en rendrez peut-être pas immédiatement compte. Ecoutez-les donc deux ou trois fois chacun (ils ne sont guère longs): c’est là que leur effet hypnotique peut se développer pleinement.

Le premier morceau, Owls, énumère quelques endroits où l’on peut s’attendre à trouver des chouettes et fait état des relations compliquées qu’elles entretiennent avec Simon Cowell (un juré de la Nouvelle Star britannique).

Le deuxième, Narwhals, nous explique tout des particularités de ces animaux extraordinaires que sont les narvals et explique même comment ils pourraient être utiles si Chtulhu finissait par se réveiller.

Enfin, le dernier, et peut-être le meilleur de tous, Amazing Horse, raconte l’histoire d’une proposition galante qui évolue en débat cosmologique. Achtung! Peut ne pas convenir aux enfants.

Ce dernier morceau a d’ailleurs été si populaire qu’il a engendré une vague de parodies et de reprises sur Youtube comme cette version acoustique, par exemple.

Bon, et maintenant, si vous m’excusez, j’ai à faire. [S’éloigne en chantonnant Get on my horse, I’ll take you ’round the universe…]

The Unsung War

09/06/2010

Ce mercredi, je vous propose d’écouter un morceau appelé The Unsung War.

Par qui? Keiki Kobayashi

Dans quel album? Ace Combat 5: The Unsung War OST

Pourquoi je l’aime? Parce qu’elle nous propose un bon suspense en introduction, notamment grâce aux tambours (je vous avoue, j’ai un faible pour les tambours militaires en arrière-plan d’une chanson) qui se transforme en une résolution satisfaisante dans le « refrain » et en une culmination parfaite à 3:45.

Comment l’écouter? Le matin, en sortant de chez vous pour aller à la guerre au turbin. Etant donné que durant mes deux premières années d’université je sortais de chez moi à six heures du matin, j’avais souvent l’occasion d’accueillir avec cette chanson le lever du soleil, ce qui était encore mieux.

L’aviez-vous remarqué? Les paroles de ce morceau sont les mêmes que celles du premier morceau publié dans cettte rubrique, Zero.

Blackbird

02/06/2010

Aujourd’hui, nous écoutons un morceau qu’une critique sur Internet (bon, d’accord, c’est Internet, mais quand même), a taxé ni plus ni moins de Stairway to Heaven moderne: Blackbird.

Par qui? Alter Bridge

Dans quel album? Blackbird

Pourquoi je l’aime? Pour tout vous dire, je n’ai pas accroché tout de suite au morceau et j’ai mis un peu de temps à comprendre pourquoi autant de gens trouvent que c’est le meilleur du groupe, meilleur même que le déjà excellentissime Burn It Down. Pourtant, pour reprendre l’expression anglaise, it grew on me; à chaque nouvelle écoute, j’y découvrais de nouvelles facettes avant finalement d’en tomber amoureux.

Le morceau reste pourtant extrêmement classique autant dans la structure que dans l’exécution, mais c’est l’un de ces cas où la simplicité, loin d’affaiblir la chanson, la fait au contraire davantage se rapprocher d’une espèce d’idéal platonicien. Qu’est-ce qu’une chanson de métal parfaite? Des paroles ténébreuses mais autorisant des envolées; une voix claire et puissante pour contraster les riffs lourds et rauques; une partie instrumentale menée de main de maître. Or, il se trouve que Blackbird est justement tout cela.

Tout cela… et même plus encore. En effet, il existe toujours un petit quelque chose qui sépare une œuvre simplement bonne d’une œuvre excellente, et, dans le cas de Blackbird, je peux vous indiquer de quoi il s’agit (pour moi) à la seconde près: c’est le presque imperceptible instant de suspension (encore un – comme pour Sanctuary), ponctué par un roulement de percussions, entre deux lignes de texte qui a lieu à 6:18. A ce moment-là de la chanson, où la tension est déjà montée à un niveau extrêmement élevé, ce mini-hiatus tient lieu de la seconde d’hésitation du wagonnet au sommet d’une montagne russe avant qu’il n’entame l’accélération finale; ici, cet instant-là nous fait nous demander s’il est possible que le chanteur mette encore plus d’émotion dans le refrain qu’il ne l’a déjà fait, et lorsqu’il finit, pour notre plus grande incrédulité mais aussi bonheur, par y arriver, on ne peut qu’être conquis.

Comment l’écouter? Une soirée au ciel dégagé et au vent soufflant fort me semble offrir un bon écrin pour savourer le morceau.

Wir sind wir

26/05/2010

Ce mercredi, nous écoutons une autre chanson allemande avec Wir Sind Wir.

Par qui? Paul van Dyk et Peter Heppner

Dans quel album? Wir Sind Wir

Pourquoi je l’aime? Lorsque ce single est sorti en juin 2004, il se trouve que je me trouvais justement en Allemagne, et plus précisément à Potsdam, pour y apprendre la langue dans le cadre d’un séjour d’été. Inutile de dire que la chanson était immédiatement devenue un hit outre-Rhin et passait à des intervalles plus que réguliers autant à la radio qu’à la TV. J’y ai donc été pas mal exposé – et j’ai commencé assez rapidement à l’apprécier.

Cette chanson est de celles dans lesquelles le son et le sens sont 1) bons et 2) se complètent bien. Même si les paroles sont évidemment destinées aux Allemands avant tout, je pense que n’importe qui peut se retrouver dans le message affirmatif et optimiste qu’elle véhicule. Quand à la musique, j’apprécie particulièrement le fait qu’elle parvienne à transmettre une certaine tension, une émotion, du Sturm und Drang tout en restant fondamentalement tranquille, posée et lyrique.

Et, bien sûr, mention spéciale au clip, excellent autant dans l’idée que dans la réalisation.

Comment l’écouter? En se baladant dans la ville par une après-midi couverte. Le rythme et l’ambiance de la chanson sont parfaites pour réfléchir.